




AVANT-PROPOS
Au cours de l’été dernier, l’un des rares possesseurs du petit livre intitulé "Une Villégiature en Pays de Caux" de M.Albert Perquer, m’avait confié son exemplaire en le recommandant à mes bons soins. J’avais découvert dans ce texte rédigé en 1897 dans un style à la fois désuet et ravissant, une relation pittoresque du séjour de l’impératrice Elisabeth d’Autriche au château de Sassetot pendant l’été de 1875.
Aussitôt après sa lecture, il m’avais paru dommage de laisser ces lignes tomber définitivement dans l’oubli et au contraire, utile de les faire connaître à nos contemporains. En effet, depuis la disparition d’Elisabeth d’Autriche assassinée à Genève le 10 Septembre 1898, le livre de M. Perquer est le seul qui relate en détail son séjour à Sassetot parmi les très nombreux ouvrages consacrés à la célèbre souveraine. Il suffit, pour se convaincre de l’intérêt qu’il doit encore susciter, de constater le nombre de touristes français et étrangers, -y compris autrichiens-, qui viennent en une sorte de pélerinage, séjourner à leur tour ou simplement connaître le village où Sissi a vécu un court mais légendaire épisode de sa vie.
A l’occasion de cette réédition, j’ai pensé opportun d’ajouter un court commentaire sur certaines informations données par l’auteur et quelques traits du caractère assez particulier de cette femme belle et émouvante qui a si fortement imprégné les esprits même au delà de son époque..
Sassetot-le-Mauconduit, le 15 Septembre 1998
André Cochet
L'histoire de Sissi En mars 1848, alors que Sissi a 10 ans, la Révolution qui se propage partout en Europe oblige l'empereur Ferdinand d'Autriche à abdiquer en faveur de son neveu François-Joseph. Le jeune homme que sa famille et ses amis surnomment Franzi ou Franz, est alors âgé d'à peine 18 ans. Remarquablement éduqué par sa mère l'archiduchesse Sophie, François-Joseph va se consacrer toute sa vie au bien être de son Empire et de son peuple... ce qui sera une tâche très lourde et très difficile. Son règne va durer 68 ans, jusqu'en 1916 ... l'un des plus longs règnes de l'histoire de l'Europe. Sophie songe bientôt à marier son fils. Comme il travaille beaucoup, elle décide de se charger de lui trouver la femme qu'il lui faut. Son choix se porte sur sa nièce Hélène, la fille de sa sœur Ludovica. Cette jeune fille âgée de 19 ans, jolie, douce et rangée fera un très bonne impératrice pense-t-elle. Mise au courant, Ludovica se montre enchantée de cette proposition pour sa fille. Les deux mères s'étant entendues, il ne leur reste plus qu'à recueillir le consentement des deux futurs époux. Mais cette petite formalité ne les inquiète pas du tout. Sophie est habituée à ce que Franzi lui obéisse en tout; quant à Ludovica, elle est sûre que le charme et la beauté de sa fille sauront conquérir le cœur de François-Joseph. C'est ainsi qu'au mois d'août 1853, Sophie et Ludovica décident de se retrouver à Ischl dans les montagnes afin de fiancer leurs deux enfants. Parmi les réjouissances prévues, Sophie organise un bal pour l'anniversaire de son fils qui doit avoir lieu le 18 août. Il est entendu qu'au cours du bal, Franzi demandera officiellement la main d'Hélène en lui offrant un magnifique bouquet de fleurs. A Possenhofen, les préparatifs vont bon train; Hélène, à la fois ravie et angoissée de l'honneur qui lui échoit, passe beaucoup de temps à préparer ses toilettes et sa robe de bal. Elle va devenir Impératrice d'Autriche! cela paraît à peine croyable! Sa mère a décidé qu'elles feront le voyage seules toutes les deux sans les autres enfants qui resteront tranquillement à Possenhofen. Mais au dernier moment, Ludovica change d'avis et décide d'amener sa seconde fille Élisabeth - Sissi. Ces mondanités, pense-t-elle lui feront le plus grand bien et lui apprendront à bien se tenir dans le monde. Le lendemain de leur arrivée, l'Archiduchesse Sophie organise un petit goûter de bienvenue pour présenter Franzi à la femme qu'elle lui a choisi. On leur sert du thé et des pâtisseries viennoises couvertes de crème chantilly. Hélène est merveilleuse dans sa nouvelle robe, elle se tient droite et est un peu intimidée. Son cousin se montre poli et aimable envers elle mais il est bientôt subjugué par Sissi qui est assise en bout de table et qui a du mal à se tenir tranquille. Ce soir là, Sophie convoque son fils dans sa chambre pour qu'il lui dise ce qu'il a pensé d'Hélène. "Hélène est merveilleuse, n'est ce pas ? elle fera un excellente impératrice"... - "Non, pas Hélène, Maman... Sissi ! c'est Sissi que je veux épouser." lui réplique-t-il. Cette annonce fait l'effet d'un coup de tonnerre pour la malheureuse Sophie. Comment! Sissi! Elle l'a à peine regardée mais elle a remarqué qu'elle est fort mal élevée et qu'elle ne sait pas tenir en place. Sissi! comment peut-on vouloir épouser Sissi! cette petite fille encore mal dégrossie; encore une enfant! Elle n'a aucune des qualités de la sage Hélène! Comment faire de cette enfant une impératrice digne et posée?

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Sissi Impératrice, née pour être reine: Son fabuleux et dramatique destin |
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La légende de
Sissi Impératrice
Son destin tragique était écrit.
Hommage à Sissi, impératrice d'Autriche, reine de Hongrie


Sissi l'imperatrice triste

Sissi, est une ravissante jeune princesse, très mince, grande, avec des cheveux bruns magnifiques. Âgée de 15 ans quand notre histoire commence, elle est dissipée et gaie et fait le bonheur de tous ceux qui l'approchent. Elle grandit sans contrainte entre le palais de Munich où elle passe l'hiver et le château de Possenhofen au pied des Alpes où elle passe ses vacances en compagnie de ses nombreux frères et sœurs.
C'est cet endroit qu'elle préfère car elle y retrouve ses chiens, ses chevaux qu'elle aime tant, les longues marches dans la campagne en compagnie de ceux qu'elle affectionne et cette merveilleuse liberté à laquelle elle est si attachée. Sissi est une très grande cavalière, montant en amazone les chevaux les plus fougueux et les plus difficiles, elle adore partir seule au grand galop dans les sentiers de la campagne environnante à la recherche de la faune sauvage qu'elle observe avec ravissement. Elle a une très grande adoration pour son père, le duc Maximilien en Bavière, qui est un être extravagant et qui voyage beaucoup. Elle ne le voit malheureusement que très rarement mais lorsqu'il est là, le duc passe de longues heures à s'amuser dans le parc avec ses huit enfants, à chasser, à jouer de la cithare et à déclamer de la poésie. Il a d'ailleurs une préférence pour sa "petite fille de Noël" comme il l'appelle souvent car elle est née le 25 décembre, et lui apprend la botanique et l'astronomie qui le passionnent. Comme son père, Sissi aime la nature, les animaux, Possenhofen et son lac devant lequel elle passe de longues heures à rêver, à dessiner et à écrire de la poésie. C'est une jeune fille romantique et insouciante.

En mars 1848, alors que Sissi a 10 ans, la Révolution qui se propage partout en Europe oblige l'empereur Ferdinand d'Autriche à abdiquer en faveur de son neveu François-Joseph. Le jeune homme que sa famille et ses amis surnomment Franzi ou Franz, est alors âgé d'à peine 18 ans. Remarquablement éduqué par sa mère l'archiduchesse Sophie, François-Joseph va se consacrer toute sa vie au bien être de son Empire et de son peuple... ce qui sera une tâche très lourde et très difficile. Son règne va durer 68 ans, jusqu'en 1916 ... l'un des plus longs règnes de l'histoire de l'Europe.
Sophie songe bientôt à marier son fils. Comme il travaille beaucoup, elle décide de se charger de lui trouver la femme qu'il lui faut. Son choix se porte sur sa nièce Hélène, la fille de sa sœur Ludovica. Cette jeune fille âgée de 19 ans, jolie, douce et rangée fera un très bonne impératrice pense-t-elle. Mise au courant, Ludovica se montre enchantée de cette proposition pour sa fille. Les deux mères s'étant entendues, il ne leur reste plus qu'à recueillir le consentement des deux futurs époux. Mais cette petite formalité ne les inquiète pas du tout. Sophie est habituée à ce que Franzi lui obéisse en tout; quant à Ludovica, elle est sûre que le charme et la beauté de sa fille sauront conquérir le cœur de François-Joseph.
C'est ainsi qu'au mois d'août 1853, Sophie et Ludovica décident de se retrouver à Ischl dans les montagnes afin de fiancer leurs deux enfants. Parmi les réjouissances prévues, Sophie organise un bal pour l'anniversaire de son fils qui doit avoir lieu le 18 août. Il est entendu qu'au cours du bal, Franzi demandera officiellement la main d'Hélène en lui offrant un magnifique bouquet de fleurs.
A Possenhofen, les préparatifs vont bon train; Hélène, à la fois ravie et angoissée de l'honneur qui lui échoit, passe beaucoup de temps à préparer ses toilettes et sa robe de bal. Elle va devenir Impératrice d'Autriche! cela paraît à peine croyable! Sa mère a décidé qu'elles feront le voyage seules toutes les deux sans les autres enfants qui resteront tranquillement à Possenhofen. Mais au dernier moment, Ludovica change d'avis et décide d'amener sa seconde fille Élisabeth - Sissi. Ces mondanités, pense-t-elle lui feront le plus grand bien et lui apprendront à bien se tenir dans le monde.
Le lendemain de leur arrivée, l'Archiduchesse Sophie organise un petit goûter de bienvenue pour présenter Franzi à la femme qu'elle lui a choisi. On leur sert du thé et des pâtisseries viennoises couvertes de crème chantilly. Hélène est merveilleuse dans sa nouvelle robe, elle se tient droite et est un peu intimidée. Son cousin se montre poli et aimable envers elle mais il est bientôt subjugué par Sissi qui est assise en bout de table et qui a du mal à se tenir tranquille.
Ce soir là, Sophie convoque son fils dans sa chambre pour qu'il lui dise ce qu'il a pensé d'Hélène. "Hélène est merveilleuse, n'est ce pas ? elle fera un excellente impératrice"...
- "Non, pas Hélène, Maman... Sissi ! c'est Sissi que je veux épouser." lui réplique-t-il.
Cette annonce fait l'effet d'un coup de tonnerre pour la malheureuse Sophie. Comment! Sissi! Elle l'a à peine regardée mais elle a remarqué qu'elle est fort mal élevée et qu'elle ne sait pas tenir en place. Sissi! comment peut-on vouloir épouser Sissi! cette petite fille encore mal dégrossie; encore une enfant! Elle n'a aucune des qualités de la sage Hélène! Comment faire de cette enfant une impératrice digne et posée?
Mais Franz ne veut plus rien entendre, il épousera Sissi ou ne se mariera pas!
Le lendemain 18 août, jour du 23ème anniversaire de l'empereur a lieu le bal pendant lequel il doit annoncer ses fiançailles. Franzi a émis le souhait que Sissi malgré son jeune âge, soit présente au bal. Ludovica, qui ne se doute de rien, a dû remuer ciel et terre pour lui trouver une robe digne d'un bal avec l'empereur. A la fin de la soirée, Franzi s'approche de Sissi qui est debout à côté de sa sœur, et, devant l'assistance médusée, il lui offre le bouquet de fiançailles. Sissi est terriblement embarrassée et ne comprend pas pourquoi Franzi ne donne pas le bouquet à Hélène. Hélène quant à elle, comprend soudain que son cousin veut épouser sa sœur et non pas elle, et avec beaucoup de dignité elle s'éloigne. Après le bal, les deux sœurs s'embrassent tendrement, Hélène rassure Sissi en lui disant qu'elle ne voulait pas épouser Franzi car elle n'était pas amoureuse de lui. Quant à Sissi elle soupire "J'aime Franzi... mais si seulement il n'était pas empereur!"
La date du mariage est fixée pour le mois d'avril 1854. Cette année passe comme un rêve pour Sissi occupée à parfaire son éducation en vue d'être l'impératrice de l'Empire d'Autriche! elle va régner sur 40 millions d'habitants! Elle doit ainsi apprendre les langues de l'empire comme le tchèque, le hongrois si difficile et l'italien. Elle s'intéresse beaucoup à l'histoire et à la géographie mais se passionne pour tout ce qui touche à la Hongrie. Franz pendant toute cette année est très occupé par les affaires du royaume. Il parvient néanmoins à se libérer quelque fois et à voler vers Possenhofen pour retrouver la jeune fille.
Enfin, le 20 avril 1854 Sissi se met en route vers sa destinée; naviguant sur le Danube elle parvient à Vienne où elle passe sa première nuit à Schönbrunn...
Elle a 16 ans et elle va devenir Impératrice d'Autriche...!
Le lendemain, elle fait son entrée officielle dans la ville de Vienne aux côtés de sa mère dans le carrosse doré qui a autrefois appartenu à l'Empereur Napoléon Bonaparte. Sa belle-mère Sophie est sans cesse présente à ses côtés pour la sermonner et lui dire les choses qu'elle doit faire ou ne pas faire...
Les cérémonies du mariage sont somptueuses, l'empire est en liesse enchanté de la jeunesse et de la beauté de leur nouvelle souveraine. Sissi si gracieuse, est immédiatement adorée de son peuple qui lui souhaite de longues années de bonheur. Tout semble lui sourire... mais hélas, elle va bientôt détester sa nouvelle vie. Contrairement à ce dont elle avait rêvé, elle voit à peine son mari qui travaille énormément se consacrant tout entier à son empire. Le jeune empereur cependant ne l'oublie pas; il fait tout ce qui est dans son pouvoir pour lui rendre la vie agréable : il lui permet de chevaucher auprès de lui pendant les chasses (ce qui fait scandale à l'époque!), d'avoir quantité de chiens auprès d'elle dans les salons, d'avoir une baignoire personnelle (on n'avait jamais vu ça dans la famille impériale) et même de transformer une des pièces du château en salle de sport (Sissi y passera de très longues heures malgré les remontrances horrifiées de sa belle-mère)...
Malgré toutes ces bontés, la jeune impératrice se sent enfermée et étouffée, sans cesse surveillée par sa belle-mère et par les gens du palais. Elle appelle le palais impérial de Vienne, la Hofburg " la prison", et a une terrible nostalgie de Possenhofen et de sa liberté perdue à tout jamais.
Très vite après son mariage elle fuira Vienne, voyageant sans cesse à la découverte de pays ensoleillés comme l'Italie ou la Grèce où elle fera bâtir de magnifiques villas... Dans lesquelles elle n'habitera jamais.
QUELQUES REFLEXIONS
SUR LE RECIT DE M. A.PERQUER

"VILLEGIATURE IMPERIALE EN PAYS DE CAUX"
Chacun s’est depuis longtemps rendu compte qu’il suffit de prononcer le nom de "Sissi" pour que, le plus souvent, il évoque aussitôt la gentille et regrettée Romy Schneider, la compatriote bavaroise d’Elisabeth d’Autriche. A se demander que, si elle n’avait pas incarné ce séduisant et romantique personnage au cinéma, le grand public n’aurait pas ignoré jusqu’à l’existence de l’attachante épouse de l’empereur François-Joseph de Habsbourg ? Pourtant, bien longtemps auparavant, les historiens et les biographes avaient décrit sa vie et celle des membres de sa famille et ce sont leurs oeuvres qui ont incité les cinéastes à créer par la suite les scénarios à succès que l’on connait.
Comme tout bon Sassetotais, je regrette seulement que ceux-ci n’aient pas comportés une courte séquence à son séjour en ce château de Sassetot-le-Mauconduit, juché haut sur la falaise du littoral cauchois, entre Dieppe et Fécamp, dont elle avait fait sa résidence estivale au cours de l’été de l’année 1875.
M. Albert Perquer, auteur en 1897, du petit livre, aujourd’hui introuvable, intitulé "Villégiature Impériale en Pays de Caux" était, en ces temps déjà lointains, propriétaire de ce beau domaine. Son récit écrit dans un style désuet et ravissant, a souvent constitué pour les auteurs de son époque, un schéma aux chapitres qu’ils ont consacrés à ces moments, en y ajoutant, selon leurs propres sources, des informations parfois différentes de celles données par Mr. Perquer.
L’ensemble de ces oeuvres a provoqué parmi les lecteurs, en France comme ailleurs, deux principaux courants d’opinions en créant à la fois de véritables inconditionnels d’Elisabeth d‘Autriche qui voient en elle une sainte de vitrail, alors que d’autres la dépeignent, avec non moins d’exagération, comme une nature oisive, anorexique et narcissique, autant que colérique voire hystérique : Ce qui a fait dire à Catherine Clément avec beaucoup de philosophie dans son livre "l’Impératrice Anarchiste": " à chacun son Elisabeth".
Personnellement il me semble qu’après la disparition de tous les témoins proches de son existence, personne n’est plus en mesure d’apporter actuellement de nouveaux arguments quant à ses qualités et ses défauts et que, par conséquent, il convient de demeurer objectif en ce domaine sans prétendre détenir une vérité exclusive. Quoi qu’il en soit, chacun s’accorde au moins à reconnaître en elle, une Sissi qui se serait parfaitement accommodée des usages de notre époque alors que, contre son gré, elle s’était vue condamnée à évoluer au sein d’un proche environnement qui, lui, retardait d’un siècle. Cette constatation devrait suffire à justifier un comportement qui correspondait à la fois à son tempérament et à la simplicité de son éducation.
Dans son ouvrage, M. Perquer, en dehors de sa relation personnelle des faits, reprend avec quelques variantes, les commentaires parus dans la Presse locale du moment. Résidant lui-même au Havre au cours de cette même période, il n’a sans doute guère assisté à des événements qu’il a décrit vingt deux années plus tard. Il est vraisemblable, dit-on à Sassetot, que le canevas de son livre lui a été inspiré en grande partie par les notes de M. Deshaies, le régisseur de son domaine en 1875. En effet, ce dernier logeant dans une grande maison de fonction, intimement insérée dans le périmètre de la propriété, se trouvait particulièrement bien placé pour témoigner des faits qui se déroulaient près de lui et recueillir les confidences des quelques domestiques français, provisoirement mis au service de Sa Majesté.
Cent vingt trois ans se sont écoulés depuis et les Sassetotais d’aujourd’hui se sentent, à vrai dire, peu concernés par ces lointaines circonstances. Quelques souvenirs transmis par leurs aînés demeurent néanmoins présents dans les esprits de quelques uns d’entre eux, et plus particulièrement chez les descendants de familles titrées des environs dont les arrières grands-parents se préoccupaient davantage de l’impériale présence qu’on ne le faisait dans les milieux modestes. Il apparaît que la plupart, peut être un peu par dépit de n’avoir pas été reçus par elle, n’ont pas toujours partagé les éloges qui ont été décernés à la visiteuse. Par contre, les uns et les autres ont reconnu à la fois son attitude familière envers les gens de simple condition et l’éloignement rigoureux qu’elle maintenait précisément à l’égard de l’aristocratie locale et des personnalités officielles de la région. Déjà, avant son départ pour la France, Elisabeth avait exprimé son désir de s’isoler dans un endroit tranquille, sans être dérangée. Cette règle de conduite explique en partie son attitude envers les notables locaux. On peut remarquer le reflet de son caractère bien particulier dans ce curieux besoin d’isolement, très relatif, en compagnie d’une suite de courtisans relativement importante et attentive à ses moindres désirs.
La brièveté de l’exposé d’Albert Perquer complété par les nombreuses pages consacrées à des personnages locaux hauts en couleurs, démontre que la discrétion régnait dans l’entourage de Sa Majesté. Par ailleurs, l’usage des langues allemande et hongroise utilisées par les nobles étrangers, ne permettait évidemment pas aux Sassetotais d’entendre et d’interpréter les conversations qu’ils auraient pu surprendre.
Mais, reprenons cette période en essayant d’en bien situer le cadre et d’actualiser la description de M. Perquer.
La construction du château de Sassetot avait été entreprise en 1757 par celui que l’on nomme ici familièrement Monsieur Bigot. Il s’agissait en réalité de Jean-Robert Bigot du Heaume de la Turgère, un gentilhomme issu d’une très ancienne famille de la région. La Révolution avait fait ensuite de l’édifice, le logement de soldats de l’An II, avec toutes les conséquences préjudiciables qu’une telle occupation allait produire. Par la suite, la fille du propriétaire, épouse d’un marquis de Martainville, l’avait légué à son fils Adrien-Charles de Martainville, qui fut Maire de Rouen et avait entrepris la remise en état de l’élégant bâtiment pour en faire ce qu’il est aujourd’hui. Il y mourut en 1847 en le donnant en héritage à son fils François-Charles Esmeri. Ce dernier n’ayant pas eu d’enfant le transmis à son tour à son cousin et ami, le marquis Paul Deschamps de Boishébert. Après son décès, survenu en 1862, le château de Sassetot allait devenir la propriété de celui qui, très probablement, s’est trouvé à l’origine du séjour à Sassetot de "Sissi", impératrice d’Autriche, Reine de Hongrie.
Le jeune et oisif marquis Jean de Boishébert, fils de Paul du même nom, qui hantait alors les salons de la plaisante société parisienne du Second Empire, s’était fait une solide réputation de joyeux fêtard. Après avoir organisé dans le château hérité de son père, des réceptions mondaines ruineuses, il avait finalement dilapidé sa fortune dans les casinos, à tel point que, comme on l’aurait fait pour un mineur ou un simple d’esprit, un conseil de famille avait décidé de lui adjoindre un tuteur en la personne de Monsieur de Saint-Wulfran. Chargé de régler les dettes de jeu que son pupille avait éparpillées à Monte-Carlo et ailleurs, l’une des premières mesures qu’il avait prises pour y parvenir, avait été, dès 1871, de mettre le château en vente ainsi que les 300 hectares de terres qui formaient l’ensemble de la propriété. C’est ainsi qu’au début de l’année 1872, M. Albert Perquer qui, du Havre, armait des bateaux pour les Antilles, s’en était rendu acquéreur.
Trois ans plus tard, Jean de Boishébert, le noble flambeur dépossédé de son bien, s’étant semble- t-il, assagi et marié, se trouvait à Vienne en qualité d’Attaché à l’Ambassade de France. Nanti de son titre nobiliaire, il avait l’avantage de compter parmi les personnalités reçues à la Cour impériale et royale d’Autriche. Or, au début de cette année 1875, les médecins de ce noble entourage venaient de prescrire une cure d’air iodé, ainsi que des bains de mer à la fille préférée de l’impératrice, la jeune Marie-Valérie alors âgée de sept ans. tandis que, depuis quelques temps et contre l’avis de son époux, l’empereur François-Joseph, la souveraine avait formé le projet de se rendre en villégiature en France. Comme à l’accoutumée l’empereur, d’abord réticent, s’était incliné devant le désir de celle qu’il vénérait.... Restait à découvrir dans cette nouvelle et inquiétante République, un agréable lieu de résidence sur son littoral atlantique. Cet ensemble de circonstances, donnent à penser que Jean de Boishébert les avaient mises à profit pour convaincre les docteurs de la Hofburg, en s’employant à leur vanter la qualité exceptionnelle de l’air du littoral cauchois et plus particulièrement celui de son ancien domaine sassetotais.
La suggestion de notre compatriote avait été retenue très tôt puisque, dès le mois de mai 1875, M.Perquer avait reçu la visite inattendue d’un personnage étranger, fort distingué arrivant dans un coupé de louage, et qui se trouvait en mission de reconnaissance en Pays de Caux. On avait appris ensuite de M. Daniel Banse, Président des Amis du Vieux Fécamp qu’il s’était déjà renseigné auprès de M. Auguste Le Borgne, Vice-Consul d’Autriche-Hongrie dans la ville, sur les avantages du château de Sassetot lequel, visiblement, avait déjà retenu son choix, négligeant ouvertement les autres nobles demeures des environs. Une première fois, se rendant sur les lieux, en l’absence du propriétaire, il avait demandé au portier de lui faire visiter la résidence et le grand parc aux arbres centenaires.
Quarante-huit heures plus tard, l’étranger était de retour dans le village et, sans révéler son identité, avait eu une première entrevue avec M.Perquer, avec l’intention de solliciter la location de son château pour les mois de juillet, août et septembre. Poliment éconduit, il s’était néanmoins représenté à la grille du parc deux jours plus tard et, afin de vaincre cette fois-çi les réticences du châtelain, s’était présenté comme étant M. Carl Linger, officier de l’armée autrichienne, intendant à la cour et mandataire de la Comtesse de Hohenembs, lui glissant à l’oreille que ce titre était l’un de ceux appartenant à l’Impératrice d’Autriche-Reine de Hongrie. Il avait également précisé à son interlocuteur médusé, que le montant du loyer, quelqu’il soit, ne présenterait aucun problème au projet. Devant tant d’arguments convaincants, Monsieur Perquer avait alors courtoisement mis son bien à la disposition de la souveraine.
L’affaire avait été conclue par une lettre de l’intendant Carl Linger adressée en mai 1875, à Madame Perquer représentant son mari absent, lui confirmant que les conditions ayant été acceptées à Vienne, la location serait effective à partir du 15 juillet jusqu’au 15 octobre, moyennant la somme forfaitaire de 30.000 francs-or, le tout assorti d’un dédit de 10.000 francs. Dans une courte réponse à Monsieur Linger, Madame Perquer, qui pensait à tout, précisait ( détail amusant) qu’en outre "12 stalles d’écurie seraient à la disposition du locataire mais qu’elle se réservait les greniers au-dessus des remises,... ainsi que les fumiers....!!
Le montant de ce loyer exigé en 1875, c’est-à-dire en un temps où l’on comptait plutôt en petits sous qu’en francs, représenterait actuellement une petite fortune et il est possible que cette manne inattendue qui lui tombait aux pieds ait incité M.Perquer à louanger, encore 22 ans plus tard, une si généreuse locataire.
Pourtant, les dégradations causées par les négligences et les bombances des occupants avaient nécessité des remises en état qui avaient entamé le bénéfice du propriétaire. C’est ainsi, par exemple, que les marches du grand escalier abimées par les lourdes malles trainées sans précautions dans celui-ci, durent être refaites et que de sérieux nettoyages et divers travaux avaient du être entrepris dans l’ensemble des pièces et de leurs placards "maculés de confitures". Il est vrai que l’attitude antérieure de la France, favorable à la Prusse au détriment de l’Autriche avant sa défaite à Sadowa, n’incitait pas nos hôtes à se montrer délicats envers les Français.
Dans les nombreux ouvrages consacrés à Elisabeth d’Autriche, on a beaucoup fait allusion à sa générosité. A en croire Mr. Littré, quelqu’un d’autrefois a dit "La générosité est la vertu des grandes dames ".Si l’on s’en tient à ses états d’impératrice et de reine auquels elle n’était ni préparée ni adaptée, Sissi était évidemment l’une des Grandes Dames de son temps. Mais le terme généreux qui impliquerait des largesses désintéressées, ne parait pas exactement s’appliquer à ses libéralités légendaires si l’on se souvient qu’étant elle-même à la tête d’une importante fortune, elle s’attachait à la préserver soigneusement en utilisant exclusivement celle de son époux. L’empereur estimait on le sait, que "rien n’était trop beau pour elle" ;Sissi était trop fine mouche pour ne pas profiter de ces bonnes dispositions et effectivement, François-Joseph, bien que particulièrement attentif aux dépenses publiques, très fortuné lui-même, mais fort parcimonieux quand il s’agissait des siennes, acquittait néanmoins avec résignation sur sa cassette personnelle, les impressionnantes factures qui, au fil des mois et des années lui parvenaient de Madère, Corfou, Athènes, Le Caire, l’Angleterre, l’Irlande et... Sassetot. Enfin, de partout où son insouciante épouse "plantait des drapeaux " sans oublier les "petites notes " des boutiquiers viennois du Graben, à qui elle aimait rendre visite lorsqu’elle consentait à s’arrêter dans la capitale.
Revenons en juillet 1875. Tous les détails ayant été réglés entre M.M. Linger et Perquer, ce dernier précise que deux jours avant l’arrivée de l’impératrice, le "mystérieux étranger accompagné d’une belle personne, à tournure remarquablement distinguée, Madame S.... dame d’atours de S.M. était revenu, etc..."Cette phrase donne à penser que, peut-être, il y ait eu, à cette occasion, une confusion entre M. Linger, l’Intendant, officier autrichien chargé des tractations locatives et l’arrivée prématurée du distingué baron hongrois Nopcza, Grand Chambellan à la Cour de l’impératrice, chargé par l’empereur de veiller sur Elisabeth et de jouer le rôle de maître de maison au cours de sa villégiature en cette préoccupante nation démocratique qu’était la France ? Et peut-être aussi, étant donné la façon dont Albert Perquer décrit la dame d’atours qui accompagnait ce gentilhomme sous l’initiale :Mme S.. s’agissait-il de la comtesse hongroise Irma Sztaray qui était effectivement l’une des suivantes habituelles de la souveraine ? Mais ce ne sont là que des suppositions comme le fait Marion Gilbert dans son excellent livre "Elisabeth de Wittelsbach" qui parle de ces conversations péliminaire entre M. Perquer et l’élégant baron N...?
En prévision de l’arrivée de la locataire et de sa modeste suite de courtisans dont le nombre varie, suivant les témoignages mais qui, si l’on tient compte de la modeste capacité de logement du château, devait être, dit-on, de quarante huit, un tapissier de Fécamp requis par l’intendant Linger, avait aussitôt mis au travail son équipe d’ouvriers avec mission de rénover non seulement les 31 chambres du château, mais d’en accommoder les salons aux goûts de l’impératrice, et de modifier les pièces du premier étage de l’aile réservée à la jeune archiduchesse Marie-Valérie.
Et le matin du 31 juillet 1875, le train particulier de l’impératrice s’arrêtait, dans la modeste gare de la ville de Fécamp.
Ce train spécial comprenait sept voitures dont une particulirement lourde, spécialement aménagée en salon et chambre à coucher luxueuse réservées à Elisabeth et à sa fille. Pour plus de sécurité, le train était conduit par deux mécaniciens français accompagnés eux-mêmes par un ingénieur autrichien et enfin, pour faire bonne mesure, surveillés par Monsieur de Klaudy, Inspecteur général des chemins de fer autrichiens.
Elisabeth, avait alors trente sept ans. Dans tout l’éclat de sa beauté, arrogante dans son physique et ses attitudes qui avaient fait dire à l‘empereur Guillaume II "Elle ne s’assied pas: elle se pose; elle ne se lève pas: elle se dresse.", elle avait été accueillie par M. Dubois, Maire de Fécamp et les membres de son Conseil Municipal. L’impératrice et sa petite fille étaient aussitôt montées en voiture et s’étaient discrètement mises en route pour Sassetot, via Valmont. Tandis que sa suite s’y rendait également mais en empruntant la route directe, de Fécamp à Dieppe, bordée d’un grand nombre de curieux venus pour applaudir la noble visiteuse
En lisant son livre, on remarque qu’avec beaucoup de galanterie, M.Perquer ne fait à aucun moment allusion à une légende (sur laquelle je reviendrai plus loin) qu’il n’était pas sans ignorer tant elle a été généreusement colportée par des Cauchois mécontents du comportement de la souveraine et particulièrement par ceux dont la récolte avait été saccagée lors de ses équipées à cheval à travers la campagne. Ce qui avait fait dire à Elisabeth dans l’une de ses lettres à François-Joseph : "Les gens d’ici sont plus curieux et importuns que dans aucun autre pays, de sorte que l’on m’ennuie partout où je vais "ou encore, "à cheval aussi, j’ai eu des désagréments ; sur les routes et dans les villages, des enfants et des cochers font tout pour effrayer les chevaux et quand on traverse des champs, ceux bien sûr où l’on ne peut faire des dégats, les paysans se montrent terriblement grossiers. A vrai dire, je n’ai pas très envie d’aller à Paris, mais Nopcza craint que cela ne fasse mauvaise impression. Qu’en penses-tu ?
Sissi, dans son insouciance et son habitude à vivre au sein d’une nation dominée par un pouvoir impérial très éloigné de la nouvelle république démocratique française, ne se rendait nullement compte qu’elle ne pouvait évoluer ici aussi librement qu’elle le faisait en Autriche-Hongrie. De ce fait, elle a effectivement connu des ennuis à plusieurs reprises avec les agriculteurs. Des incidents qui avaient été particulièrement grossis par le quotidien l’Univers du 17 Août 1875.
Dans son journal personnel, Marie Festetics l’une des lectrices et principales dames de compagnie hongroises, impressionnée par la nouvelle façon de vivre des Français écrivait le 5 Août 1875, "Les démocrates, les républicains et les parvenus s’étalent dans les châteaux et manoirs. Toute cette racaille a les vices de l’ancienne noblesse sans en avoir les vertus..."
Pour en revenir à la légende à laquelle je faisais allusion plus haut, la venimeuse comtesse Larisch, pourtant nièce favorite et protégée de Sissi, prétend dans un ouvrage intitulé : "Les Secrets d’une Maison Royale"que la souveraine était venue à Sassetot spécialement pour y donner clandestinement naissance à une petite fille naturelle. D’autres précisent, tel le comte de Mun, ancien Maire de Sassetot, que cette mystérieuse venue au monde se serait produite non pas en 1875 mais au cours d’un second séjour, trois ans plus tard, dans une villa proche du même village.?? Toujours d’après Marie Larisch, cette "petite fille de Sassetot" après avoir été d’abord emmenée à Munich, aurait été confiée ensuite à un ménage viennois qu’elle désigne comme étant M et Mme Kayser.
Devenue comtesse Zanardi Landi à la suite de son mariage avec un noble italo-américain, cette dernière aurait revendiqué sa naissance à Sassetot en 1882 (?), se prétendant non pas enfant naturelle mais la fille d’Elisabeth d’Autriche et de l’empereur François-Joseph. Filiation que les Habsbourg refusèrent toujours à reconnaître malgré les interventions répétées de cette comtesse Landi. Son mari était d’ailleurs venu à son tour à Sassetot avant la guerre de 1914, pour réclamer un acte de naissance de son épouse au comte de Mun, alors maire de la localité. Or, je l’ai moi-même vérifié, les registres d’Etat-Civil communaux ne font état, et pour cause, d’aucune naissance de ce genre.
On peut ajouter, pour compléter cette étrange histoire, que la comtesse Landi ( dite : "le petite fille de Sassetot " ) aurait eu à son tour une fille prénommée Elissa en souvenir de sa prétendue grand-mère Elisabeth d’Autriche. Cette Elissa avait fait une carrière d’actrice de cinéma à Hollywood. Je me souviens personnellement fort bien d’Elissa Landi, dont le succès avait été un rôle principal féminin tenu dans un film à grand spectacle de Cecil B. de Mille sorti dans les salles en 1932 intitulé "Le Signe de la Croix ", un peplum américain précurseur du "Quo Vadis "de 1951. Elle avait alors pour partenaires, outre Fredrich March, Charles Laughton et Claudette Colbert. On a prétendu que sa ressemblance avec Sissi était frappante pourtant, possédant moi-même à la fois, l’enregistrement d’un film d’avant guerre où elle apparait aux côtés de William Powell et de Myrna Loy, et un excellent portrait photographique d’Elisabeth, on ne trouve guère de points communs entre la brune et volontaire impératrice aux yeux noirs et Elissa, une frêle blonde aux yeux bleux.
Marie Larisch, auteur de ce récit tout à fait contestable, était la fille de Louis de Wittelsbach, l’un des frères de Sissi, qui avait épousé une actrice. Cette jeune femme ne méritait certes pas la confiance que sa tante lui témoignait. Soupçonnée après la tragédie de Mayerling, d’avoir agi en intermédiaire entre le prince impérial et sa jeune maîtresse Marie Vetsera, Marie Larisch bien qu’implorant d’être autorisée à se justifier, avait été définitivement bannie de la Cour. Elle devait divorcer du Comte Larisch pour épouser d’abord un nommé Otto Brucks, chanteur bavarois, vite délaissé pour convoler en troisième noces avec un fermier américain du nom de Fleming qu’elle aurait, lui aussi, vite oublié.
Dans son livre " Elisabeth d’Autriche " paru en 1983, Jean des Cars ajoute, comme d’autres l’ont confirmé, que le fils de cette ancienne dame viennoise s’était suicidé de honte, lorsqu’il avait appris, le rôle ténébreux tenu par sa mère dans le drame de Mayerling.
Je me suis volontairement attardé sur ce sujet intimement lié au séjour de l’impératrice Elisabeth au château de Sassetot.
Si M.Perquer demeure prudemment muet sur cette histoire de naissance mystérieuse, il évoque par contre, avec beaucoup d’assurance , le sujet non moins polémiqué de la présence à Sassetot, pendant trois jours en Août 1875, de l’empereur François-Joseph en personne.
Il précise que le souverain serait accouru ici à la réception du télégramme expédié à son intention depuis le bureau de poste de Sassetot par le baron Nopcza, lui annonçant la chute de cheval de son épouse survenue le 18 Sepembre. Au reçu de cette alarmante nouvelle, l’empereur serait arrivé incognito en Normandie par le train, accompagné d’un autre homme non identifié. Ce déplacement est non seulement formellement démenti par M. Maurice Paléologue, un ancien membre du Quai d’Orsay, affirmant qu’en pareil cas le Gouvernement français aurait eu connaissance de ce voyage, même officieusement. On peut ajouter à cet argument qu’au moment de la réception de la dépêche, François-Joseph était absent de Vienne et chassait dans le Tyrol. Fort inquiet après avoir pris connaissance du télégramme, il se préparait en effet à rentrer rapidement à la Hofburg fermement décidé à partir pour Sassetot, malgré l’avis contraire du comte Andrassy son ministre hongrois des Affaires Etrangères, lorsque, entre temps, un second message lui avait annonçé le peu de gravité de l’accident et l’inutilité de son déplacement. Par ailleurs, les lettres échangées entre Elisabeth et François-Joseph, démontrent que l’empereur avait effectivement très vite renoncé à effectuer ce voyage. Enfin les écrits de Marie Festetics, la fidèle dame de compagnie déjà citée, le confirment également.
Faute de ne pouvoir venir lui-même, François-Joseph avait toutefois dépêché à Sassetot son principal et fidèle aide de camp qui, portant favoris comme lui, a été confondu avec l’empereur. Etant bien connu de la petite archiduchesse Marie-Valérie elle s’était, d’après M.Perquer, précipitée vers lui. Je ne voudrais pas apparaître comme un critique systématique de M.Perquer qui repose au cimetière de Sassetot depuis 1902 et dont je respecte le souvenir, mais il semble qu’il ne disposait pas d’éléments suffisants pour affirmer, vingt deux ans plus tard, un fait qu’il avait appris de la bouche de son régisseur, victime lui aussi d’une méprise qui n’avait pas été démentie à Sassetot.
Sissi s’était rapidement remise de son accident mais, le charme était rompu. Trois semaines pls tard, elle avait quitté sa résidence cauchoise pour rejoindre via Paris, non pas Vienne, mais son domaine de Gödöllö, en Hongrie qu’elle affectionnait particulièrement.
Tous ceux qui , je le disais plus haut, ont vécu cette période, ne sont malheureusement plus là pour en témoigner et si malgré tout, la Terre continue de tourner, il m’a été agréable d’avoir eu l’occasion d approfondir mes quelques connaissances sur l’attachante dame qu’était cette noble étrangère et, après beaucoup d’autres, d’essayer de mieux comprendre certaines de ses réactions vraisemblablement héritées de son ascendance.
Il en a été de même de son fils Rodolphe au tragique destin, généralement présenté comme exceptionnellement doué, qui ne possédait pourtant ni les qualités ni le tempérament pour devenir empereur et pas davantage que sa mère pour être impératrice.
....Mais, comme le disait, Kipling, ceci est une autre histoire !...

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CHRONOLOGIE
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1828 |
Mariage de l'Archiduc Charles et de Sophie de Bavière. Mariage de Maximilien, Duc en Bavière, et de la Duchesse Ludowika, 9 septembre. |
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1830 |
Naissance de François-Joseph à Schönbrunn, 18 août. |
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1832 |
Naissance de Maximilien d'Autriche. |
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1833 |
Naissance de Charles-Louis d'Autriche. |
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1837 |
Naissance d'Elisabeth de Bavière (Sissi), Munich, 24 décembre. |
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1845 |
Naissance de Louis II de Bavière, 24 avril. |
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1848 |
François-joseph est sacré Empereur d'Autriche, 2 décembre. |
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1853 |
Fiançailles de François-joseph et d'Élisabeth, 16 août. |
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1854 |
Mariage de François-joseph et d'Élisabeth, Vienne, 24 avril. |
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1855 |
Naissance de Sophie, 1e fille du couple impériale, 5 mars. |
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1856 |
Naissance de Gisèle, 2ème fille du couple impériale, 12 juillet. Voyage de réconciliation en Italie. |
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1857 |
Voyage de réconciliation en Hongrie. Mort de Sophie, fille aînée du couple impériale, 28 mai. |
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1858 |
Naissance de Rodolphe à Laxenbourg, 21 août. |
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1859 |
Guerre d'Italie, Magenta, 4 juin; Solferino, 24 juin. |
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1860 |
Départ d'Elisabeth pour Madère, 17 novembre. |
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1861 |
Retour de Madère, mai ; départ pour la Grèce, juin. |
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1862 |
Retour d'Elisabeth à Vienne, 14 août. |
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1866 |
Sadowa, 3 juillet. |
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1867 |
Sacre de Budapest, 8 juin. Exécution de Maximilien à Quretaro (Mexique), 19 juin. |
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1868 |
Naissance de Marie-Valérie, 3ème fille du couple impériale, 22 avril. |
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1872 |
Mort de l'archiduchesse Sophie, 27 mai. |
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1873 |
Mariage de Gisèle avec le prince Léopold de Bavière. |
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1881 |
Mariage de L'archiduc Rodolphe et de la princesse Stéphanie de Belgique, 10 mai. |
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1886 |
Mort de Louis II de Bavière, 13 juin. |
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1888 |
Mort du Duc Max en Bavière. |
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1889 |
Mayerling, suicide de l'archiduc Rodolphe, 30 janvier. |
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1890 |
Mariage de Marie-Valérie avec l'archiduc François-Salvador, 31 juillet. Construction de l'Achilleion à Corfou. |
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1892 |
Mort de la duchesse Ludowika, 26 janvier. |
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1896 |
Fêtes du millénaire de la Hongrie. |
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1897 |
Mort de la duchesse d'Alençon, sœur d'Elisabeth, 4mai. |
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1898 |
Assassinat d'Elisabeth à Genève, 10 septembre.
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1914
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Attentat à Sarajevo contre l'archiduc, 28 juin.
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L'inoubliable Romy Schneyder dans le rôle de Sissi: Elisabeth de bavière
Sissi Impératrice
Sissi - Once Upon A Time
24 12 1837 : naissance d'Elisabeth de Bavière
DRAMES qui ont contribuaient à son "errance"
1857 : sa première fille de 2 ans Sophie meurt.
1867 : exécution de Maximilien 1er au Mexique.
1886 : Louis II de Bavière cousin de Sissi se noie avec son docteur..Louis et Elisabeth étaient très proches.
1888 : mort de son père Max,duc de Bavière.
1889 : suicide de son fils Rodolphe,à Mayerling.
1892 : mort de sa mère,la duchesse Ludowika.
1897 : sa soeur,Sophie,duchesse d'Alençon meurt brûlée vive dans l'incendie à Paris du Bazar de la Charité.
: sans oublier la mort du comte Andrassy de Hongrie,qu'elle affectionnait.
Elle était aussi reine de Hongrie.
1898 : Sissi,l'Impératrice est assassinée à Genève par Luche

POEME DE L'IMPERATRICE :

L'oiseau captif
En vain,sous le ciel bleu,
je languis,en prison.
Les barreaux,rudes et froids
bousculent ma nostalgie.
De soupirs,bientôt,mon coeur éclatera:
Vous ne sauriez me retenir encore longtemps
O douce et puissante joie de déployer les ailes de l'esprit.
Sissi rajoutera plus tard, toujours dans le même esprit :
Je me suis réveillée dans une prison,
Les mains chargées de chaînes,
Et ma nostalgie s'accroît toujours,
et toi,liberté, tu me fus ravie.
Je fais aussi, ici, un hommage à une merveilleuse actrice disparue trop tôt:
Romy Schneider




Sissi Reine de Hongrie


